mardi 21 mars 2017

Parce queue ! - Agathe Hennig

Découvert au hasard de mes balades dans les librairies spécialisées, je vous présente aujourd'hui un livre devinette amusant comme tout !





On découvre sur chaque page un animal différent dont on ne voit que la queue. Une petite devinette accompagne les illustrations et lorsque l'on soulève le rabat, l'animal apparait en entier !







Les illustrations faites en aquarelle sont absolument magnifiques!! Les pages sont toutes douces,  j'ai autant de plaisir à le toucher qu'à le regarder! Et les petits lecteurs adorent soulever les rabats qui rendent la lecture ludique et interactive !




La Crevette attend rarement la fin de la devinette,  toute impatiente qu'elle est de  découvrir l'illustration en entier !



À noter qu'il existe un autre tome, appelé "Prise de bec" où cette fois c'est l'arrière de l'animal qui est masqué. Je ne l'ai pas encore acheté ( le seul défaut de ce livre est son prix: 19,50 euros!) Mais ça ne saurait tarder !


Ceci est ma quinzième participation au rendez-vous Chut les enfants lisent du blog de Yolina Devine qui vient bloguer



Les hauts de Hurle-vent - Emily Brontë


Quelques infos:


Édition: Folio
Pages : 503
Date de 1ère parution: 1846


Mon avis:


La première fois que j'ai rencontré Heathcliff et Catherine, c'était au collège lorsque j'ai du étudier "Kamo, l'agence Babel" de Daniel Pennac en cours de français. Cela m'a suffisamment marqué pour que je m'en souvienne encore aujourd'hui et, chaque fois que je rencontrais des œuvres qui y  faisait référence, je me disais qu'il était peut-être temps que je découvre pleinement cette histoire. C'est chose faite aujourd'hui.
Au cas où vous viendriez d'une autre planète et que vous n'en aviez jamais entendu parler, voici un bref résumé.

Heathcliff est un jeune garçon adopté par M. Earnshaw. Hindley, le fils légitime le rejette immédiatement tandis que sa sœur Catherine en tombe amoureuse. Lorsque M. Earnshaw décède, Hindley fait subir les pires affronts à Heathcliff et lorsque Catherine se marie à un autre, il jure alors de se venger des deux familles.

Je suis contente de l'avoir enfin lu et tout aussi contente de l'avoir fini et de quitter cet univers glauque et ces héros torturés.
Cette lecture ne m'a apporté aucun réconfort, aucun plaisir à retrouver ces personnages que je n'ai pas pu ni soutenir ni apprécier. Pas un pour rattraper l'autre. Ils sont soit violents, soit maladifs, soit fous, ou en passe de le devenir. 
Les émotions sont exacerbées, capables de provoquer la mort. L'amour ne transcende pas les individus, il est possessif et destructeur et n'apporte aucun apaisement. 

"Mon amour pour Heathcliff ressemble aux roches immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente mais nécessaire. Nelly, je suis Heathcliff !"

L'ambiance est austère, l'environnement sombre et le domaine des Hurle-vent repoussant. 
Le style de narration est assez déroutant. L'histoire est racontée par M. Lockwood, fraîchement arrivé dans la région et qui découvre la terrible histoire des familles Earnshaw et Linton, racontée par Nelly, qui parfois, en faisant parler un personnage, rajoute un troisième niveau dans cette narration, de quoi perdre un lecteur averti.

Alors, ai-je aimé ou pas? Pas vraiment. Je n'adhère clairement pas aux émotions et aux actes qui y sont décrits. J'en garderai juste la satisfaction d'avoir été au bout d'un grand classique de la littérature anglaise, mais, là, tout de suite, j'ai envie de joie et de lumière !



mercredi 15 mars 2017

365 bisous - Kimiko

Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais pas présenté un album jeunesse. Et pour cause, tout l'hiver, La Crevette s'est complètement désintéressée de ses livres! Ô drame! J'ai voulu insister au début puis j'ai laissé faire en espérant qu'elle se passionne de nouveau pour sa bibliothèque. Et petit à petit elle est revenue à ses livres. Et depuis qu'elle est passée dans un lit de grande, elle réclame tous les soirs sa petite histoire. Ouf!

J'ai donc fait une pause dans mes achats jusqu'à hier où cet album exposé dans la vitrine d'un libraire spécialisé m'a fait de l’œil! La Crevette a une passion dans la vie, ce sont les "gros câlins" et les "petits bisous" qu'elle distribue de bon cœur à tous ses proches.
365 bisous rien que pour elle, voilà de quoi la faire rêver!




Cet album cartonné, grand format, est sorti en 2011 et est édité par L'école des loisirs.
Chaque double-page nous présente un mois de l'année où sont mis en scène des personnages se faisant des bisous. A chaque jour du mois son bisou.




C'est ainsi que l'on découvre le bisou tyrannosaure ou le bisou crabe qui ne manqueront pas de faire sourire les parents et de faire travailler l'imagination de nos petits lecteurs. Les illustrations sont colorées, pleines de vie et de fantaisie.




L'enfant développe son sens de l'observation et cela permet aux parents d'évoquer le rythme des saisons, les caractéristiques propres à certains mois de l'année (même si le rapport entre le mois de Février et les dinosaures m'a paru un peu moins évident que celui entre Décembre et Noël!). C'est un album joyeux et amusant que La Crevette a tout de suite adopté.





Voilà ma 14e participation au rendez-vous de Yolina Chut les enfants lisent sur le blog Devine qui vient bloguer.
Bonne lecture!


lundi 13 mars 2017

La vierge en bleu - Tracy Chevalier



Quelques infos:


Editions: De la table ronde (quai Voltaire)
Pages: 317
Date de parution: 2004

Mon avis:


Dans un premier chapitre, nous suivons l'histoire d'Isabelle qui vit dans les Cevennes à la fin du 16e siècle. Catholique, elle doit se convertir au protestantisme qui s'étend dans la région à cette époque. Contrainte d'épouser l'homme qui la mis enceinte, elle est rejetée par sa belle famille du fait de sa flamboyante chevelure qui évoque la vierge, pour qui elle voue en secret un culte. 
Dans le second chapitre, nous basculons dans le présent et nous faisons la connaissance d'Ella, une américaine qui a émigré en France, dans le Tarn, pour suivre son mari. Elle ne peut pour l'instant exercer son métier de sage-femme en France et l'adaptation est pour elle difficile. Elle se plonge alors dans l'histoire de sa famille, ses ancêtres ayant vécu à quelques centaines de kilomètres de là. 
Les chapitres alternent entre l'histoire d'Isabelle et d'Ella. C'est un voyage dans le temps où les deux destins des héroïnes s'entrecroisent. 
Malheureusement je n'ai pas du tout adhéré. Le récit est émaillé d'invraisemblances (la famille d'Isabelle se nourrit de pommes de terre, mais n'ont elles pas été introduites en France au 18e siècle?). Les français en prennent pour leur grade, c'est bourré de clichés, par exemple lorsqu'Ella s'achète une machine à laver et que les autochtones la regardent de travers (ce qu'ils sont rétrogrades dans le Tarn!) La partie contemporaine, avec sa bluette sentimentale peu transcendante, n'est pas plus convaincante que la partie historique, où l'histoire est suggérée plutôt que racontée laissant ainsi de nombreuses zones d'ombre qui ont suscité chez moi de nombreuses incompréhensions.
Une déception!




lundi 6 mars 2017

L'inconnue du quai - Mary Kubica


Quelques infos:


Edition: Mosaïc
Date de parution: 2016
Pages: 396

Mon avis:


Mary Kubica nous emmène dans le quotidien d'une famille aisée de Chicago. Zoé, la fille âgée de douze ans entre de plein pied dans l'adolescence et communique de plus en plus difficilement avec ses parents. Chris, bourreau de travail, s'éloigne de sa femme d'autant que sa superbe associée lui fait du gringue. Quant à Heidi, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession, toujours prête à secourir la veuve et l'orphelin. Elle travaille dans un milieu associatif qui vient en aide aux immigrés, à des années lumières des marchés financiers dans lesquels exerce son mari. 
Lorsqu'elle rencontre cette jeune fille accompagnée de son bébé âgé de quelques mois qui marche sous la pluie battante, c'est tout naturellement qu'elle lui vient en aide et qu'elle finit par lui proposer le gîte et le couvert. Pour quelques jours seulement assure-t-elle à ses proches, habitués à ses lubies. 
Mais aucun d'entre eux ne s'imaginent à quel point l'arrivée de Willow va rompre l'équilibre familial. Il y a danger, le lecteur le perçoit mais d'où vient il? Bien malin qui pourrait le deviner!
La narration à trois voix donne du rythme à l'histoire. Heidi, Willow et Chris évoquent tour à tour leur passé, les secrets douloureux, enfouis au fond d'eux même et qui brutalement vont remonter à la surface et vont faire l'effet d'une bombe.

Les premiers chapitres m'ont fait un peu peur, Chris et Zoé m'ont paru très stéréotypés. Mais je me suis laissée prendre au jeu d'une écriture simple et efficace. La tension monte crescendo.
Habilement, l'auteur assemble les pièces de puzzle pour façonner une intrigue qui fait froid dans le dos. Ce drame familial évoque des thèmes riches comme la maternité, le deuil, la maltraitance infantile, les relations de couple.

Deuxième opus de Mary Kubica, il s'agit pour moi d'une découverte intéressante et je me laisserai bien tenter par son premier livre "Une fille parfaite" qui a rencontré un grand succès en 2015.



mercredi 1 mars 2017

Une page d'amour - Emile Zola



Quelques infos:


Edition: Livre de poche
Pages: 416
Date de parution: 1879

Mon avis:


Veuve depuis son arrivée récente sur Paris, Hélène Grandjean élève seule sa fille Jeanne, enfant maladive âgée de onze ans, qui voue à sa mère un amour absolu et exclusif. Sortant peu pour ménager la santé délicate de sa fille, ses journées s'égrènent dans le calme, rythmées par ses travaux de couture, la contemplation de Paris et  les visites hebdomadaires des rares amis qu'elle a pu rencontrer. Lors d'une crise de sa fille, Hélène fait la connaissance du Docteur Henri Deberle, homme marié et père d'un petit garçon. Cette rencontre les bouleverse tous deux et ils découvrent un sentiment jusque là méconnu: la passion. Elle s'ouvre petit à petit au monde qui l'entoure et rend quotidiennement visite à la famille Deberle. 
L'amour qui unit Henri et Hélène n'est partagé que par d'intenses conversations, des échanges de regard et des effleurements. Des moments intimes et connus d'eux seuls qui leur offrent une douce quiétude.

"Alors, les relations se nouèrent plus étroitement encore, une vie charmante commença. Pour Hélène, c'était comme si Henri n'avait jamais cédé à une minute de folie; elle avait rêvé cela; ils s'aimaient mais ne se le diraient plus, ils se contenteraient de le savoir. Heures délicieuses pendant lesquelles, sans parler de leur tendresse, ils s'en entretenaient continuellement, par un geste, par une inflexion de voix, par un silence même. Tout les ramenait à cet amour, tout les baignait dans une passion qu'ils emportaient avec eux, autour d'eux, comme le seul air où ils pussent vivre."

Mais lorsque Jeanne perçoit le lien qui les unit, elle se montre jalouse et tentera par tous les moyens de les séparer.

Quelle belle et bouleversante histoire que celle d'Hélène. 
J'ai beaucoup aimé son personnage, cette femme du 19e siècle, honnête et droite, mère dévouée qui voit son quotidien bouleversé par la passion qu'elle ressent pour un homme marié. Ces sentiments vont s'insinuer dans sa vie sage et rangée, un moment suspendu dans le temps, une page d'amour. C'est un magnifique portrait de femme, partagée entre sa maternité, le respect des conventions morales de l'époque et les sentiments qui animent son cœur de femme, 
Ce qui rend cette histoire si troublante, c'est le personnage de Jeanne, très complexe. Sa maladie nous bouleverse  et on retrouve parfois chez elle l’innocence propre aux enfants de son âge mais l'amour destructeur qu'elle voue à sa mère est dérangeant. Elle se comporte souvent en tyran à l'égard d'Hélène. On perçoit tout le temps sa présence, oppressante, elle en ferait presque peur.

"Et elle vit Jeanne, la face toute pâle, qui les regardait, de ses yeux grandis, d'un noire d'encre. L'enfant n'avait pas bougé, le menton dans la plume, serrant toujours l'oreiller dans ses petits bras. Elle venait seulement d'ouvrir les yeux, et elle les regardait.
- Jeanne, qu'as tu? demanda Hélène. Es-tu malade? Veux-tu quelque chose?
Elle ne répondait pas, elle ne bougeait pas, n'abaissait même pas les paupières, avec ses grands yeux fixes, d'où sortait une flamme. L'ombre farouche était descendue sur son front, ses joues blêmissaient et se creusaient. Déjà elle renversait les poignets, comme à l'approche d'une crise de convulsions."

Enfin, Zola ne serait pas Zola sans les longues pages où il plante le décor. De longues descriptions évoquent ce Paris, animé, qui s'agite sous les fenêtres de l'appartement d'Hélène.

Ce livre est le 8e tome de la série des Rougon-Macquart. Je l'ai lu indépendamment des autres sans avoir l'intention de relire toute la série.  Je ne peux donc le comparer aux autres œuvres que j'ai lu au collège ou au lycée et dont je n'ai gardé qu'un souvenir lointain. Alors certes, les digressions de Zola sur les personnages secondaires m'ont parfois impatientées. Néanmoins, j'ai trouvé son écriture très cinématographique, le décor est décrit avec une telle précision qu'il s'anime sous nos yeux. L'amour et la passion sont superbement bien retranscrits et ces mots ont fait vibrer ma petite fleur bleue.





Challenge des douze thèmes: "Coeurs sur toi" Et si on lisait une romance?
Coupe des 4 maisons: Relique de l'amour, livre avec un triangle amoureux (15 points)

jeudi 23 février 2017

L'éveil - Kate Chopin




Quelques infos:


Edition; Liana Levi
Date de parution: 1899
Pages: 210

Mon avis:


Le roman s'ouvre sur les vacances estivales de la famille Pontellier. Installés dans la pension de la famille Lebrun à Grand Isle où tous les notables de la Nouvelle Orléans, Edna, son mari et ses enfants passent un séjour rythmé par les baignades, les soirées musicales et les conversations.
Les jours s'écoulent, lentement... De nouveaux sentiments animent Edna. C'est "l'éveil". Elle ne supporte plus son existence de femme soumise à l'autorité d'un mari, certes aimant, mais épousé sans amour. Enchaînée par les carcans moraux de la société américaine du 19e siècle, Edna est en proie à une grande souffrance psychique où ces états d'âme ne suscitent que désapprobation et mépris de son entourage.
Elle trouve un exutoire à ses tourments dans la musique ou la peinture et les conversations avec Robert Lebrun, rencontré à la pension, qui éveillera en elle un sentiment méconnu: la passion. Au fil des pages, Edna devient de plus en plus tourmentée, tentant de se libérer de ses chaînes jusqu'à la perte finale de ses illusions.

Ce roman est considéré comme un chef d'oeuvre méconnu de la littérature américaine. J'ai compris pourquoi. Il est vrai que l'auteur fait preuve d'un grand talent pour rendre compte de l'ennui éprouvé par Edna coincée dans une vie qui ne lui correspond pas. Il transparaît à chaque page et à l'instar de l'héroïne je l'ai parfaitement ressenti! 
Edna m'a profondément agacé. J'ai vraiment cru qu'après la scène où elle apprend à nager, elle allait faire preuve de plus de volonté, mais non.... Elle reste passive. Ses tentatives d'émancipation deviennent des caprices d'enfant gâté. Elle ne va pas au bout de ses désirs, ce qui la rend superficielle et éternellement insatisfaite. 

Loin de m'avoir exalté, ce roman, heureusement court, m'a profondément ennuyé. Une déception!





Citations: 


La voix de la mer est séductrice: sans jamais se lasser, elle chuchote, gronde, murmure, invite l'âme à errer pour un temps dans des abîmes de solitude: à se perdre dans des dédales de contemplation intérieure. La voix de la mer parle à notre âme. La caresse de la mer est sensuelle, elle enveloppe le corps de sa douce étreinte.